Hong Kong : 53 militants pro-démocratiques arrêtés, les Nations Unies demandent leur libération immédiate

À Hong Kong, 53 personnes ont été arrêtées mercredi pour avoir prétendument violé une nouvelle loi sur la sécurité nationale. Les Nations Unies demandent aux autorités de respecter leurs obligations en matière de droits humains.
Mercredi près de 1000 policiers se sont déployés dans la ville de Hong Kong pour arrêter 53 personnes ayant participé à des élections non-officielles en juillet dernier, qui ont rassemblés près de 610,000 votants. Les autorités les accusent de vouloir « renverser » le gouvernement comme le rapporte le South China Morning Post.
Le secrétaire de la sécurité John Lee Ka-chiu a déclaré : « ces personnes ont été arrêtées pour enquête conformément à la loi ». Il ajoute que cette nouvelle loi ne vise que les personnes « soupçonnées d’organiser, de planifier, de commettre ou de participer à la subversion ».
D’après Associated Press, au moins sept membres du Parti démocratique de Hong Kong, qui est le plus grand parti d’opposition de la ville, ont été arrêtés. Parmi eux, l’ancien président du parti Wu Chi-wai et les anciens législateurs Lam, Helena Wong et James To.
Le domicile de Joshua Wong, militant chrétien pro-démocratique, qui purge actuellement une peine de 13 mois et demi de prison pour avoir organisé et participé à une manifestation non autorisée l’année dernière, a également été perquisitionné.
#BREAKING Police also raided Joshua’s home for allegedly violating the national security law this morning as he took part in the primary election last year. 50+ democratic activists were arrested.
— Joshua Wong 黃之鋒 😷 (@joshuawongcf) January 6, 2021
Ces arrestations ont attiré l’attention des Nations Unies qui ont demandé à Hong Kong de « libérer immédiatement » les activistes.
La porte parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Liz Throssell que la loi sur la sécurité nationale est utilisé pour détenir « des individus pour avoir exercé des droits légitimes « .
« Ces dernières arrestations indiquent que - comme on le craignait - le délit de subversion en vertu de la loi sur la sécurité nationale est effectivement utilisé pour détenir des individus pour avoir exercé des droits légitimes à participer à la vie politique et publique. »
Elle a appelé « à respecter leurs obligations » et » à s’abstenir d’utiliser la loi sur la sécurité nationale pour supprimer les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association ».
Sur les 53 personnes arrêtées, une douzaine ont été libérées jeudi soir autour de 20h30 (NDLR : il y a 7 heures de décalage horaire entre Hong Kong et la France) sous caution après avoir passé 30 heures en détention. L’ancienne députée, Helena Wong Pik-wan, a notamment été libérée, elle pense que les arrestations ont pour but de menacer les Hongkongais et de les dissuader de se présenter aux élections.
« Il nous est interdit de quitter Hong Kong dans les six mois à venir et nous sommes coincés ici. Ils nous ont détenus pendant 30 heures. Je pense qu’ils veulent menacer les Hongkongais de ne pas se présenter aux élections. »
Camille Westphal Perrier
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